Putain, le premier matin à Poitiers a été surréaliste. Ma mère m’a préparé le petit-déj comme quand j’avais 15 ans : tartines beurrées, chocolat chaud, « Tu vas pas partir le ventre vide mon chéri ». Mon père a grogné un « Bonne journée au boulot » sans lever les yeux de son journal. J’ai enfilé mon costard, pris mon sac, et je suis monté dans la bagnole pour la gare. Le TGV de 6h47, Poitiers-Paris Montparnasse. Une heure quarante de trajet, deux fois par jour. J’avais calculé : avec les heures sup’ et les retards, j’allais passer plus de trois heures par jour dans un wagon. Trois heures pour réfléchir, ou pour vriller.
Je me suis assis côté fenêtre, AirPods en place, regard perdu sur les champs qui défilaient encore dans le noir. J’étais crevé. La nuit avait été pourrie : j’avais rêvé de Lena qui postait ma bite en story publique, de Gisèle qui me suçait dans le salon de mes parents pendant que ma mère faisait la vaisselle. Je bandais au réveil comme un ado, mais je m’étais interdit de me branler. Pas chez eux. Pas question de recommencer les conneries.
Le train a démarré. À Châteauroux, il s’est rempli un peu plus. Et là, je l’ai vue.
Elle est montée à Vierzon. Tailleur gris anthracite, jupe crayon fendue sur le côté, escarpins noirs vernis, cheveux noirs tirés en chignon strict, lunettes fines sur le nez. Elle a scanné le wagon d’un regard précis, comme si elle cherchait quelqu’un. Nos yeux se sont croisés. Elle a souri – un petit sourire en coin, presque moqueur – et elle s’est assise juste en face de moi. Deux places vides entre nous, mais elle a croisé les jambes de manière que la fente de sa jupe s’ouvre exactement sur moi. Bas couture noirs, porte-jarretelles qui dépassait légèrement quand elle bougeait. Putain. J’ai détourné les yeux, mais trop tard. Ma queue a réagi direct.
Elle a sorti un ordinateur, tapé deux-trois trucs, puis elle m’a fixé à nouveau. Longtemps. Sans gêne. J’ai senti la chaleur monter dans mon cou. Elle a penché la tête, a murmuré assez fort pour que je l’entende malgré les écouteurs :
« Tu rentres de Paris tous les jours ? Ça doit être épuisant. »
Voix grave, un peu rauque. Accent parisien chic. J’ai enlevé un écouteur.
« Ouais… nouveau rythme. »
Elle a souri plus largement.
« Moi c’est tous les jours depuis trois ans. On finit par connaître les habitués. Toi, je t’avais jamais vu avant hier soir. »
Hier soir ? Le train du retour ? Elle m’avait vu ? Bordel, est-ce qu’elle m’avait vu dans le wagon vide, en train de me branler comme un porc ? J’ai rougi jusqu’aux oreilles.
« J’étais… fatigué. »
« Je sais. » Elle a baissé les yeux sur mon entrejambe une fraction de seconde. « Très fatigué, on dirait. »
Ma bite a palpité dans le boxer. J’ai serré les cuisses. Le train a plongé dans un tunnel, la lumière s’est tamisée. Elle a décroisé les jambes, les a recroisées dans l’autre sens. La fente s’est ouverte plus grand. J’ai vu la peau blanche au-dessus du bas, la dentelle noire du porte-jarretelles. Elle a posé son ordinateur sur la tablette, s’est penchée légèrement en avant.
« Tu t’appelles comment ? »
« David. »
« Camille. » Elle a tendu la main. Je l’ai serrée. Sa peau était chaude, ses ongles longs et rouges. Elle n’a pas lâché tout de suite. Son pouce a caressé le dos de ma main.
Puis, sans prévenir, pendant que le train cahotait dans le tunnel, sa main droite a glissé sous la tablette, effleuré ma cuisse, remonté lentement. J’ai sursauté, mais je n’ai pas bougé. Personne autour ne pouvait voir : les sièges hauts, la pénombre, les gens plongés dans leurs écrans.
Ses doigts ont trouvé la bosse. Elle a pressé doucement à travers le tissu. J’étais dur comme du bois. Elle a murmuré :
« Chuuut. Laisse-toi faire. »
Elle a ouvert ma braguette d’un geste expert, sans un bruit. Ma queue a jailli, raide, veinée, gland luisant. Elle l’a empoignée fermement, peau contre peau. Lentement, très lentement, elle a commencé à me branler. Des mouvements longs, du gland à la base, le pouce qui tournait sur le frein à chaque montée. Je serrais les dents, les mains crispées sur les accoudoirs.
Elle me fixait dans les yeux, impassible, comme si elle lisait un rapport Excel. Mais ses doigts serraient plus fort, accéléraient imperceptiblement. Le train est sorti du tunnel, la lumière est revenue. Elle n’a pas arrêté. Au contraire. Elle a humidifié son pouce avec sa langue – discrètement, comme si elle léchait une enveloppe – et l’a passé sur mon gland. J’ai failli gémir.
« Tu bandes depuis Vierzon, hein ? » elle a soufflé. « Depuis que tu m’as vue monter. »
J’ai hoché la tête, incapable de parler.
Elle a accéléré. Poignet souple, prise parfaite. Je sentais les veines gonfler, les couilles se contracter. J’allais jouir. Là, en face d’elle, dans un wagon à moitié plein, en plein jour.
« Regarde-moi quand tu jouis. »
J’ai obéi. Nos regards se sont accrochés. Elle a serré plus fort, pompé plus vite. J’ai explosé. Des jets chauds, puissants, qui ont giclé sur son poignet, sur la manche de son tailleur, sur la tablette. Elle n’a pas cillé. Elle a continué à me traire doucement jusqu’à la dernière goutte, puis elle a retiré sa main, l’a portée à sa bouche et a léché mon sperme sur ses doigts, lentement, langue rose qui tournait autour de l’ongle rouge.
Elle a refermé ma braguette d’un geste sec, repris son ordinateur comme si de rien n’était.
« À demain, David. Même heure, même wagon. »
Le train est entré en gare Montparnasse. Elle s’est levée, m’a fait un clin d’œil, et elle est partie, laissant derrière elle une odeur de parfum cher et de sperme frais.
J’étais assis là, bite encore sensible, costume taché à l’intérieur, cœur qui battait à cent à l’heure.
J’étais rentré à Poitiers pour fuir les perversions de Paris.
Et dès le premier matin, une inconnue m’avait branlé dans le train comme une pute de luxe.
Et le pire ? J’avais déjà hâte de la revoir demain.